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Dix ans de descente en canot de la rivière St-Charles

Février 1997 : l’idée

Cinq membres de Rivière Vivante profitent d’une belle journée d’hiver pour parcourir en ski de fond la Saint-Charles, du Parc des Saules au Centre ville de Québec. Fondé depuis moins de deux ans, Rivière Vivante est conscient que pour renaturaliser et dépolluer la rivière, il faudra gagner les citoyens à la cause et transformer radicalement l’image que se fait la population du cours d’eau. Pour y parvenir, il est essentiel de ramener les gens à la rivière, de leur faire découvrir son potentiel insoupçonné.  La balade en ski de fond vise à voir ce qui pourrait être fait en hiver.

En cours de route, Johanne, qui habite le secteur Les Saules fait remarquer qu’elle a déjà, en été, parcouru ce secteur de la rivière à bord d’une petite embarcation gonflable. Une telle chose serait-elle possible en canot, avec plusieurs personnes? L’idée est lancée.

Avril 1997 : le test

Une équipe de reconnaissance se forme pour aller vérifier les accès à la rivière afin de déterminer s’il est possible de réaliser une descente de groupe en canot et planifier les détails techniques d’un tel événement.  À partir du barrage les Saules, le commando rallie la partie bétonnée de la rivière sans encombre. L’expérience est concluante.

Mai 1997 : la première

Trois mois après l’expédition hivernale, 35 canots, 70 participants, se retrouvent par un beau samedi matin de mai près du barrage Les Saules pour relever le défi : rejoindre le centre ville de Québec en canot. L’expédition s’est organisée en moins de trois semaines, par le bouche-à-oreille des membres ou des sympathisants de Rivière Vivante. Les autorités municipales, très frileuses à l’époque en ce qui concerne toute activité sur la rivière pouvant occasionner un contact avec l’eau, n’ont pas été prévenues. Pour leur part, les médias ont répondu avec enthousiasme. Tout ce qu’il y a de médias écrits et électroniques, caméras de télé incluses, est sur place.  L’ambiance est festive et la descente se déroule très bien. L’arrivée se fait au parc Cartier-Brébeuf qui vient a peine d’être libéré des murs de béton qui l’enchâssaient depuis 25 ans.

 Première descente

Au cours de la semaine qui suit l’évènement, Rivière Vivante reçoit une motion de félicitation officielle du Conseil de Ville, votée par toutes les formations politiques confondues. Une barrière mentale vient d’être franchie. Il y longtemps que la Saint Charles n’a pas eu si bonne presse.

Mai 1998 : la seconde

Sécheresse! Le printemps a été exceptionnellement sec si bien que la rivière est quasi-impraticable! Seule une dizaine de canots feront la descente du parc les Saules au parc Cartier-Brébeuf, raclant le fond sur une partie du parcours. Les autres, près de 70 embarcations, se contenteront d’un aller-retour entre le parc Cartier-Brébeuf et le cimetière Saint Charles. Près du pont Marie-de-l’Incarnation, là ou la rivière intra-muros atteint sa largeur maximale, le vent se lève et complique la vie de certains participants qui ont peine à avancer. L’évènement n’en est pas moins réussi, apprécié de tous et largement couvert par les médias. Pour la première fois des canots à glace se joignent à l’événement.

Rivière Vivante reçoit une deuxième motion de félicitation du Conseil de Ville.

 

Mai 1999 : la troisième

L’évènement prend le virage « Saint-Roch ». La revitalisation de la rivière ira de toute évidence de pair avec la revitalisation des quartiers centraux.  La Ville de Québec a entrepris la démolition de près de 500 mètres de berges bétonnées entre le pont Dorchester et le pont Drouin. Il y a de l’effervescence dans Saint-Roch. Rivière Vivante s’associe à la Fondation Saint-Roch pour organiser la troisième édition. Pour la première fois, le grand public est invité à participer à la descente par le biais de publicité et à se rendre au parc de la Jeunesse pour assister à l’arrivée et participer à la fête.  La ville de Québec supporte pour la première fois officiellement l’événement et le maire de Québec, Monsieur Jean Paul l’Allier, en accepte la présidence d’honneur conjointement avec le curé de Saint-Roch, Monsieur Mario Dufour.

Pour la première fois, l’évènement réuni plus de 100 embarcations qui prennent le départ du parc Les Saules. Les canots à glace patrouillent dans la section emmurée de la rivière pour assurer la sécurité des canoteurs. En après-midi une course de canots à glace, opposant les divers quartiers de la ville a lieu sur la rivière. Les scouts organisent une vente de hot-dogs qui sera repris par après à chaque année. La descente est devenue une fête. 

 Sous les ponts de la ville

Mai 2000 : la quatrième

Présidence d’honneur

  • Jean Paul l’Allier, maire de Québec
  • Wellie Picard, Grand chef de la Nation huronne-wendate

Le maire de Québec et le Grand chef de la Nation huronne-wendate sont de la descente. La communauté de Wendake, implantée depuis plus de 300 ans le long de la Saint Charles qu’elle nomme Kabir-Kouba, la rivière aux mille détours, s’implique dans l’évènement. Elle installe sur une île se trouvant sur le parcours, un campement traditionnel où les canoteurs peuvent s’arrêter pour déguster du gibier. Le maire et le Grand chef feront halte sur l’îlot Marie-de-L’incarnation, qui a été révégété en 1997 par Rivière Vivante, pour y planter symboliquement un iris versicolore. Cet îlot qui, quelques années plus tôt était menacé de disparaître sous des tonnes de remblais, constitue un symbole éloquent du rôle que peuvent jouer les citoyens dans la revitalisation de la rivière. La sécurité est assurée par les membres du club de canot-kayak Rabaska. Ils seront de tous les évènements subséquents.

L’arrivé se fait dans un parc de la Jeunesse débarrassé de son carcan de béton et renaturalisé. La participation populaire s’est encore accrue et 130 embarcations prennent le départ.  Rivière Vivante reçoit une motion de félicitation du Conseil de Ville.

 Sous les ponts de la ville

Mai 2001 : la cinquième

Présidence d’honneur

  • Jean Paul l’Allier, maire de Québec
  • Agnès Maltais, députée de Taschereau et ministre de la culture au gouvernement du Québec

Le vendredi soir, il pleut des cordes et le pronostic météo pour le samedi est au plus sombre. Pourtant le lendemain, le temps est radieux. En acceptant la co-présidence de l’évènement, Madame Agnès Maltais implique officiellement le gouvernement du Québec qui a promis, il y a plus de trente ans, d’assainir la rivière sans être passé aux actes jusqu’ici. Elle n’est pas la seule représentante du gouvernement puisque Monsieur André Boisclair, récemment nommé ministre de l’Environnement, prend également place à bord d’un canot.  La ZIP (Zone d’intervention prioritaire) de Québec-Appalaches), un organisme voué à la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent, devient le co-organisateur de l’événement et s’impliquera avec enthousiasme dans toutes les éditions subséquentes. C’est la ZIP qui procède entre autres à l’inscription des canoteurs.

Les canoteurs participe à un rallye historique et environnemental tout au long du parcours. Ils arrivent dans un parc de la Jeunesse transformé en campement d’époque, aux accords de la musique du film 1492 et des tirs de mousquets.  L’animation à l’arrivée attire de nombreux visiteurs et permet de donner des informations sur la rivière et les derniers développements. Les courses en canots à glace au rythme endiablé des djembés de Jonathan et de ses amis sont un vrai succès.

 

Plus de 400 personnes participent à la descente dans 150 embarcations.  Il devient de plus en plus difficile de trouver suffisamment d’embarcations pour répondre à la demande. Presque tous les canots de la grande région de Québec, de Portneuf jusqu’à la vallée de la Jacques Cartier sont réquisitionnés par Rivière Vivante le jour de l’évènement.

Rivière Vivante reçoit une motion de félicitation du Conseil de Ville.

Mai 2002 : la sixième

Présidence d’honneur

  • Jean Paul l’Allier, maire de Québec
  • André Boisclair, ministre de l’Environnement

L’animation avant, pendant et après la descente prend de plus en plus d’ampleur.  En plus du rallye historique et environnemental, des musiciens égayent le parcours, violoniste et accordéoniste au départ, goupe de jazz à mi-parcours et cornemusier à l’îlot Marie-de-l’Incarnation. Rivière Vivante, à l’instigation d’un membre de la  communauté chinoise de Québec, subventionne la venue d’un bateau dragon de Toronto qui prendra part à l’évènement. Une course mettant aux prises ce bateau dragon (22 rameurs) et un canot à glace (5 canoteurs) est remporté haut la main par l’embarcation traditionnelle de Québec  L’événement marque le début de la venue annuelle des bateaux dragons lors du Festival chinois de Québec qui sera tenue au cours des trois années suivantes.

Monsieur Boisclair, qui est à la fois ministre de l’Environnement et Ministre des Affaires municipales, annonce plus tard au cours de l’année que le gouvernement du Québec financera  la construction de six premiers bassins de rétention qui serviront à recueillir le trop plein des égouts fluviaux de la ville. Nous aimons à penser que le fait qu’il ait eu la chance de parcourir la rivière en canot au milieu de centaines de citoyens (il reviendra l’année suivante) n’est pas étrangère à cette décision.

 Bateaux dragons

Rivière Vivante reçoit une motion de félicitation du Conseil de Ville.

24 mai 2003 : la septième

Présidence d’honneur

  • Jean Paul l’Allier, maire de Québec

Pour cette descente, Rivière Vivante s’associe aux quatre autres grandes descentes en canot de la province (celles des Îles de Sorel, des Mille-îles, de la Saint François et la Châteauguay) et à Géo Plein Air pour promouvoir l’événement de Québec.

475 canoteurs et 210 embarcations participent à la septième édition.  Il est devenu presque impossible de continuer à augmenter le nombre de participants faute de canots disponibles. Les kayaks solo et tandems sont de plus en plus mis à contribution et l’on fait appel aux canoteurs qui ont leurs propres embarcations.

 Blocus

Rivière Vivante reçoit une motion de félicitation de l’Hôtel de Ville.

22 mai 2004 : la huitième

Présidence d’honneur

  • Odile Roy, conseillère de Limoilou et responsable du dossier de la Saint Charles à la Ville de Québec
  • Wellie Picard, Grand chef de la nation huronne-wendate

La descente s’articule autour du thème de la montagne au fleuve avec animation qui dure toute la journée.  Plusieurs élus de tous les parties politiques confondus tant au niveau fédéral que provincial que municipal participe à l’événement.  Le gouvernement du Québec annonce officiellement son engagement à finaliser la construction des bassins de rétention et la renaturalisation des berges pour le 400e anniversaire de Québec en 2008.

 Canots

Le cap des 500 personnes est franchi, 225 embarcations participent à l’événement.  Tous les canots sont loués plusieurs semaines à l’avance. Il y a une liste d’attente.

21 mai 2005 : la neuvième

Présidence d’honneur

  • Claude Larose, membre du comité exécutif de la Ville de Québec
  • Max « One-Onti » Gros-Louis, Grand chef de la nation huronne-wendate

Pour la première fois en 9 ans, l’évènement sera confronté à de la pluie. Il pleuvra toute la journée et lorsque les premiers canoteurs arrivent au parc Marie-de-L’Incarnation, un grand vent du nord-est se lève et quelques canots doivent s’arrêter à cet endroit. N’empêche, la participation est excellente, la bonne humeur est au rendez-vous. 85 % des personnes inscrites se sont présentées, plus de 450 participants descendront la rivière.  L’évènement a passé le test de la pluie.

 Canots

Pour la première fois, une deuxième vague de canots prend le départ en après-midi parrainés par des organismes de jeunes.  L’animation se fait dans la salle de sport du parc de la Jeunesse et sous les tentes des kiosques. 

20-21 mai 2006 : la dixième

La descente de la rivière Saint Charles a dix ans et la Fête qui s’y greffe s’étend sur deux jours. Sieur Saint-Charles veille sur le bon déroulement des activités!

Les participants à cette dixième édition ont pu constater que les berges sont en effervescence. D’importants travaux sont en cours ou sur le point de s’amorcer, telle la construction des sentiers pédestres face au cimetière Saint Charles, la démolition des murs de la rive nord à partir de l’îlot Marie-de-l’Incarnation et la construction de bassins de rétention face à ce même îlot sur la rive sud.

Les participants à cette dixième édition ont pu constater que les berges sont en effervescence. D’importants travaux sont en cours sur la Saint Charles, telle la construction des sentiers pédestres face au cimetière Saint Charles, la démolition des murs de la rive nord à partir de l’îlot Marie-de-l’Incarnation et la construction de bassins de rétention face à ce même îlot sur la rive sud.
Construction des bassins de retention


 

 Sentiers
 Demolition des affreux murs de betons
 Berges
 Affiche du projet

Malgré la légère pluie, la participation est encore une fois excellente (plus de 500 participants). Toutes les embarcations de la région ont été louées et seulement une dizaine de canots n’ont pas pris preneurs La Fête sur le site d’arrivée se fait sur deux jours. Le samedi et dimanche, plusieurs citoyens bénéficient d’un cours d’histoire sur la rivière et son évolution en remontant la rivière à bord de canots Rabasca pilotés par des membres de Rivière Vivante ou de Parc Canada.


© Rivière Vivante, 2006