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Organisme sans but lucratif, Rivière Vivante se consacre depuis 1995 à la restauration et à la mise en valeur de la rivière Saint-Charles. Comme beaucoup d'organismes semblables en Amérique du Nord, Rivière Vivante fut fondée par des citoyens préoccupés par l'état de leur rivière et désireux d'œuvrer à sa réhabilitation. Dès ses débuts, son approche s'inspira directement des expériences probantes de restauration des rivières Magog à Sherbrooke, Don à Toronto et Chicago à Chicago, toutes menées par des organismes de citoyens. Cette influence initiale fut rapidement enrichie par les exemples d'une multitude d'autres organismes regroupés au sein du Réseau des organismes de rivière au Québec et de la Coalition to restore urban waters en Amérique du Nord, regroupements auxquels Rivière Vivante s'est affiliée.

L'approche de Rivière Vivante s'appuie sur une prémisse commune aux organismes de rivière selon laquelle :

  1. la rivière est un bien collectif que les citoyens doivent se réapproprier;
  2. sa gestion ne doit plus être la chasse gardée des administrations publiques et des firmes de consultants, les citoyens non seulement pouvant mais devant s'impliquer dans sa protection, sa restauration et sa mise en valeur.

Principales réalisations

Depuis sa fondation, Rivière Vivante est intervenue principalement dans les domaines d'aménagement et de restauration de la rivière, de sa mise en valeur, de son animation et de la sensibilisation de la communauté.

Interventions de sensibilisation, de mise en valeur et d'animation

Nous croyons qu'en milieu habité et particulièrement en milieu urbain, la perception publique est un élément clé de la conservation et la restauration d'une rivière. Aussi nous nous sommes appliqués à modifier l'image négative accolée à la Saint-Charles depuis plusieurs générations. Par diverses activités, nous cherchons à la valoriser et à susciter l'intérêt en faisant découvrir ses ressources méconnues ou oubliées

Des événements de descente en canot

En mai 1997, nous avons réuni 70 volontaires prêts à défier la pollution bactériologique en canotant une section de la Saint-Charles désertée depuis une vingtaine d'années pour cause d'insalubrité. Cet événement, fortement médiatisé, attira l'attention sur le besoin criant d'assainissement mais aussi sur le potentiel récréo-touristique d'une ressource aliénée. L'événement est réédité en 1998 avec quelques 150 canoteurs. Au fil du temps, il deviendra un événement printanier incontournable.

La Fête de la rivière Saint-Charles

En mai 1999, grâce à un fructueux partenariat avec la Fondation de Saint-Roch, la descente en canot s'est transformée en une fête de la rivière, une fête populaire à laquelle était conviée toute la population et tenue sous la présidence d'honneur du maire de Québec et du curé du quartier Saint-Roch. Cette fois, près de 300 canoteurs descendent la rivière (plusieurs durent s’abstenir faute de canots) et plusieurs centaines de personnes participent à une fête populaire au site d'arrivée, dans un parc du quartier Saint-Roch. Parmi les canoteurs: le maire de Québec, de nombreux conseillers de différents partis, le Grand Chef des Hurons-Wendat avec une délégation de Wendake ainsi que les curés des quartiers Saint-Roch et Les Saules. L'événement s'appuyait sur de nombreuses collaborations (Ville de Québec, club de canot, club Optimiste, groupes de scouts, Maison des jeunes, école primaire, commerçants, etc.).

Lors de la 6e descente, en mai 2002, plus de 500 personnes prenaient part à l'événement devenu, au fil des années, une classique pour les amateurs de plein-air, les citoyens intéressés et les amants de la nature en ville.

Des mini-croisières touristiques de découverte de la rivière

En octobre 1998, en partenariat avec la Fondation de Saint-Roch, Rivière Vivante organisa 17 croisières d'une heure chacune sur la rivière à bord d'un confortable bateau électrique. Les billets des croisières furent distribués par le biais de stations de radio locales. Une première dans l'histoire de la rivière Saint-Charles!

Des courses de canots

En octobre 1998, en même temps que les croisières, eu lieu une course de canot entre sept équipes de canot à glace (des canots bien connus des habitués du carnaval de Québec). En mai suivant, durant la Fête de la rivière, ce furent six équipes d'amateurs représentant des quartiers de la ville qui se sont affrontées sur la Saint-Charles.

Une Rencontre/Conférence sur la renaissance des rivières urbaines

En octobre 1997, Rivière Vivante a organisé une rencontre/conférence visant à faire découvrir à la communauté de la région, les efforts et succès d'organismes de rivière oeuvrant en milieu urbain. Durant deux jours, des conférenciers de villes du Québec, de l'Ontario et des États-Unis ont fait connaître leur démarche et partagé leurs expériences. Cet événement fut commandité par le Ministère de l'Environnement et de la Faune, la Fondation de la Faune du Québec, la Ville de Québec et la Communauté urbaine de Québec.

Des visites commentées de la rivière

Une première visite guidée faisant découvrir le rôle joué par la rivière dans le développement de la ville et mettant en évidence son riche patrimoine historique fut organisée en octobre 1997, lors de la rencontre/conférence. En octobre 1998, une version modifiée de cette excursion fut offerte aux membres de Conseils de quartiers. Un projet de visites guidées offertes à toute la population est présentement en préparation avec la Ville de Québec.

Interventions de restauration et d'aménagement

Le développement d'un concept de restauration de la rivière au centre-ville

En 1995, la municipalité tenait une consultation sur un projet d'urbanisme des abords de la rivière incluant une renaturalisation de la rivière au centre-ville qui consistait à remblayer 100 000 m² de son lit pour y créer de nouveaux parcs. On demandait alors à la population sur quelle rive elle préférait localiser les remblais.

Aussi, à nos débuts, notre énergie fut essentiellement consacrée à proposer des alternatives au projet de rétrécissement et de remblayage de la rivière. Plus précisément, il a fallu :

  • rappeler les importants rétrécissements qu'avait subis l'estuaire de la rivière depuis le 19e siècle et faire valoir l'importance sociale et environnementale de conserver précieusement le peu qu'il en restait;
  • offrir des solutions pratiques d'aménagement ne nécessitant pas de rétrécissement de la rivière;
  • démontrer qu'il était possible de reconstruire des rives naturelles à la place des murs de béton actuels, tout en tenant compte des contraintes du milieu (ce qui fut fait au parc Cartier-Brébeuf)
  • faire valoir que la naturalisation est autre chose qu'un simple aménagement paysager; qu'elle suppose la création, en rivière et en berge, d'habitats fauniques et, qu'en milieu urbain, il est possible de réaliser des aménagements naturels rehaussant à la fois l'attrait esthétique de la rivière, son potentiel faunique et son usage public.
La sauvegarde et la restauration d'un marais

Un point saillant de notre action : le rétablissement d'un marais à proximité du pont de la rue Marie-de-l'Incarnation, dans le tronçon bétonné de la rivière. Le projet de 1995 prévoyait le remblayage du site. À plusieurs reprises, nous avons signalé le grand potentiel faunique de ce site urbain et souligné l'importance de le conserver puis de le mettre en valeur. Malgré tout, la menace de sa destruction persistait.

Aussi, nous avons choisi de l'adopter et d'y entreprendre un projet de naturalisation. En août 1997, avec l'appui d'un jardin communautaire du quartier Saint-Sauveur et d'équipes de canot à glace, nous avons effectué une plantation sur l'îlot sableux émergeant au centre de la rivière. Depuis, nous y sommes revenus régulièrement pour le ramassage de déchets échoués, l'introduction d'arbres et la reconstruction du marais sur les hauts-fonds entourant l'îlot. De plus, nous faisons le suivi de la colonisation végétale du site et de sa fréquentation faunique.

Les résultats furent spectaculaires. Dès l'été 1998, l'îlot sableux se transforma en une dense prairie humide et on recensa 43 espèces d'oiseaux aquatiques fréquentant le site (observations du biologiste Paul Germain). De mai à octobre, l'abondance de canards y attire l'attention des passants et des résidants des alentours, plusieurs s'y arrêtant ou s'y attardant. Le projet de remblayage du site est maintenant écarté.

Il importe de souligner que ce projet de naturalisation a été mené de façon totalement bénévole, sans aucune subvention et sans avoir coûté le moindre "huart" aux contribuables.

Un de nos objectifs était justement de démontrer :

  1. que les citoyens peuvent contribuer substantiellement à l'aménagement de la rivière,
  2. que cette contribution est économiquement très avantageuse et
  3. qu'il est possible, même avec des ressources modestes, de réaliser des interventions significatives de restauration et de naturalisation.

Des efforts de protection et de conservation

Depuis 1996 : des démarches pour amorcer un débat sur la problématique des débits d'étiage.

En 1997/1998 : une tentative de protéger l'intégrité du parc Chauveau, un parc riverain de la rivière Saint-Charles et le plus vaste parc de Québec, menacé de morcellement et de privatisation partielle au profit d'un terrain de golf. Nous fumes co-instigateurs de la Coalition SOS Parc Chauveau. La ville annonçait, en 2002, qu'elle abandonnait finalement ce projet.

En 1998 : des démarches pour freiner l'enrochement massif de berges dans le secteur du parc Les Saules.


© Rivière Vivante, 2002